Quel que soit notre quartier, notre origine, notre foi, notre genre, notre statut administratif ou social, nous demandons une ville où chacune et chacun vit en sécurité, dans la dignité et le respect.
Ce n'est pas le cas aujourd’hui : trop d’habitant·es sont étouffé·es par les discriminations, les violences et les inégalités qui fracturent notre métropole.
Avec le Pacte : Lyon Respirable, nous demandons aux candidat·es des élections municipales et métropolitaines 2026 de Lyon de bâtir une ville réellement décoloniale, égalitaire et accueillante. Une ville où nos vies comptent toutes, sans exception.
A Lyon et ailleurs en France, les personnes racisées vivent dans un état d’alerte permanent : confrontées à la violence, au soupçon, à l’exclusion, elles doivent sans cesse justifier leur présence, leur loyauté, leur humanité. Cet épuisement collectif traduit une violence systémique : celle d’un pays et d’une ville où il faut encore lutter pour simplement respirer.
Lyon, ville carrefour et refuge, se doit d’être un espace où nul·le n’a peur d’exister. Face à la montée du racisme, du sexisme, du néofascisme, nous, habitant·es, acteurs associatifs, collectifs, proposons ce pacte pour que les candidat·es aux municipales de 2026 s’engagent à construire une ville respirable, libre et décoloniale.
C’est pourtant loin d’être le cas aujourd’hui : islamophobie institutionnelle et quotidienne, violences policières et sentiment d’insécurité raciale, déni de droits et de dignité pour les sans-papiers, épuisement et charge raciale, invisibilisation des luttes antiracistes locales, continuité coloniale dans l’espace public, silence colonial sur la Kanaky, génocide en Palestine et complicité locale, voilà quelques constats qui appellent à une transformation urgente de nos politiques locales afin de rendre notre ville respirable pour toustes. Une ville où la peur n’aura plus sa place. Où chaque personne, quels que soient son origine, sa foi, son genre ou son statut administratif, est reconnue comme pleinement légitime d’habiter, d’aimer, de travailler et de rêver ici.
Une ville libre et décoloniale qui n’exclut plus, ne hiérarchise pas les vies, ne maquille pas l’histoire : elle la regarde en face pour soigner le présent et construire l’avenir.
Voici les engagements nécessaires pour y parvenir :
Garantir l’accès égal à tous les services municipaux/métropolitains (sport, culture, loisirs, crèches, bibliothèques, piscines) pour toutes et tous, sans discrimination, raciale, religieuse ni vestimentaire.
Assurer la liberté de culte et d’association comme un pilier de la vie démocratique locale.
Former les agent·es municipaux & métropolitains et toutes les associations subventionnées à la lutte contre l’islamophobie et les discriminations systémiques.
Soutenir les initiatives citoyennes menées par des femmes musulmanes, en particulier dans le sport, la santé, l’éducation et la culture.
Créer un service municipal d’accès aux droits garantissant l’accueil, l’information et la protection de toutes les personnes présentes sur le territoire, quel que soit leur statut administratif.
Soutenir matériellement les collectifs de sans-papiers et les associations solidaires : hébergement, accompagnement juridique, régularisation.
Refuser toute participation volontaire des services municipaux aux procédures d’expulsion, et garantir une protection inconditionnelle des personnes menacées.
Favoriser l’emploi et la reconnaissance des travailleurs et travailleuses sans papiers au sein des services de la ville.
Créer un observatoire citoyen indépendant des pratiques policières doté de moyens municipaux, associant familles, avocat·es, chercheur·ses et habitant·es.
Garantir un droit à la sécurité égal pour toutes et tous, fondé sur la prévention, la médiation et la dignité humaine, pas sur la militarisation de l’espace public.
Former la police municipale à l’antiracisme et la médiation citoyenne, afin que la sécurité locale soit fondée sur le respect, la justice et la dignité.
Offrir un accompagnement psychologique et juridique gratuit aux victimes de violences policières et à leurs proches.
Retirer les statues, débaptiser les rues, écoles et bâtiments portant les noms de colons, esclavagistes ou figures racistes, et les renommer en hommage aux résistances, aux luttes de libération, aux figures féministes, antiracistes et populaires.
Revoir l’ensemble des jumelages de la Ville et de la Métropole pour garantir le respect du droit international, suspendre ceux impliquant des collectivités engagées dans la colonisation, l’occupation ou la discrimination systémique, et développer des jumelages solidaires avec des territoires en lutte pour leurs droits, notamment en Palestine occupée et en Kanaky.
Créer un musée ou espace d’histoire décoloniale à Lyon, intégré dans le réseau des musées municipaux et cogéré par des associations œuvrant sur ces sujets pour rendre visible l’histoire coloniale, migratoire et antiraciste de la ville.
Concevoir et installer un mémorial des victimes du racisme et des violences policières, coconstruit avec les familles, artistes et collectifs concernés.
Intégrer dans les programmes culturels et éducatifs municipaux des actions de transmission et de sensibilisation à l’histoire coloniale.
Refuser l’accueil ou le financement d’événements promouvant l’industrie de l’armement, le colonialisme ou la sécurité (salons, foires, partenariats).
Identifier et rompre les contrats municipaux avec les entreprises impliquées dans la colonisation ou les crimes de guerre, notamment en Kanaky, en Palestine, au Soudan et au Congo.
Soutenir publiquement le droit du peuple kanak à l’autodétermination, et construire/consolider des coopérations décentralisées avec les communes de Kanaky et palestiniennes.
Garantir un logement digne et abordable pour toutes et tous en renforçant l’offre publique, en luttant contre les discriminations des bailleurs et agences, et en soutenant les familles confrontées à l’insalubrité ou aux expulsions.
Assurer une mobilité accessible et sûre, notamment dans les quartiers populaires, grâce à une tarification solidaire, une desserte renforcée (y compris nocturne) et des trajets réellement sécurisés pour les femmes.
Mettre fin à la criminalisation des jeunes dans l’espace public, en abolissant les arrêtés discriminatoires et en privilégiant des politiques de médiation, de présence éducative, culturelle et sportive plutôt que le contrôle et la répression.
Favoriser l’accès à la formation et à l’emploi pour les habitant·es des quartiers populaires en soutenant les structures locales d’insertion et en luttant contre les discriminations à l’embauche.
Soutenir la réinsertion des personnes sortant de prison en favorisant leur accès à l’emploi municipal ou métropolitain lorsque c’est légalement possible, et en renforçant les partenariats avec les structures locales d’accompagnement et d’insertion.
Assurer des moyens pérennes et transparents aux organisations antiracistes, décoloniales et féministes locales.
Garantir des espaces municipaux accessibles pour leurs réunions, ateliers, événements.
Valoriser leur rôle dans la construction d’une démocratie locale réelle et participative.
Créer des espaces de répit et de soin pour les personnes racisées, militant·es, familles endeuillées ou épuisées par la lutte.
Développer la santé communautaire et soutenir les acteur·ices qui la portent comme enjeu politique à part entière.
Promouvoir des espaces de fête, de joie, de rire et de célébration, parce que résister, c’est aussi vivre pleinement.
Intégrer la transmission des savoirs antiracistes et décoloniaux dans la politique éducative et culturelle de la ville.
Créer un centre de ressources municipal sur les histoires et les résistances racisées.
Soutenir les projets artistiques et pédagogiques qui racontent la ville autrement: du point de vue de celles et ceux qu’on n’entend pas.
Mettre en place des conseils citoyens permanents, composés majoritairement de personnes issues des quartiers populaires et des diasporas, avec un pouvoir réel de saisine et de proposition.
Instituer un suivi semestriel public de ces engagements, rendu accessible à tou·tes.
Associer les habitant·es à la co-construction des politiques publiques locales: budget participatif, consultation ouverte, transparence des décisions.
Nous voulons une ville qui respire avec toutes et tous, et pas seulement pour quelques-uns. Ce n’est qu’un aperçu de ce vent nouveau que nous souhaitons voir souffler sur la ville. D’autres propositions viendront, des outils de gouvernance nouvelle, des formes concrètes de suivi démocratique, des mécanismes pour rendre des comptes. Mais notre première urgence est de rassembler, d’unir, de tisser : de construire une respiration commune. Aux habitantes et habitants de Lyon et de sa Métropole, aux collectifs d’autres villes qui nous ont écrit, aux organisations qui veulent rejoindre la démarche : ce mouvement vous appartient autant qu’à nous.
Je signe le pacteAvec le Pacte : Lyon Respirable, nous demandons aux candidates et candidats aux élections municipales et métropolitaines 2026 de Lyon de bâtir une ville réellement décoloniale, égalitaire et accueillante. Une ville où nos vies comptent toutes, sans exception.
Nous vous invitons à nous faire parvenir par retour de mail votre soutien à ce PACTE Lyon Respirable sous la forme d’un engagement public structuré à partir des 10 axes ci-dessous, avec 3 à 5 actions concrètes par axe sur les 100 premiers jours du mandat.
Nous prévoyons de rendre publics les engagements reçus à partir du 5 février.
Adresse email pour nous envoyer votre engagement : contact@pactelyonrespirable.fr
Pour soutenir notre initiative, vous pouvez aussi nous faire un don. Les dons nous permettent d'organiser des évènements et de communiquer sur notre initiative.
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